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« Le confinement a fait naître de bonnes pratiques de travail »

Hygiène, sécurité et conditions de travail
Publié le 23 mai 2020 - Mis à jour le 15 juin 2020
Interview
« Le confinement a fait naître de bonnes pratiques de travail »

Avec la crise sanitaire et la mise en place du confinement au niveau national, les services RH ont été au premier plan du déploiement d’une nouvelle organisation de travail pour les agents des collectivités. Télétravail, sécurité, suivi des agents à distance : autant d’enjeux qu’il a fallu rapidement appréhender. Retour d’expériences avec Nicolas Lonvin, DRH de la Métropole d’Orléans.

Quels ont été pour vous les principaux défis à l’annonce du confinement le 16 mars par le président de la République ?

Nous avions anticipé cette annonce présidentielle en travaillant dans les jours précédents à la continuité de l’activité de la Métropole d’Orléans. Nous avions élaboré un plan de continuité de l’activité envisageant différents scénarios de confinement afin d’être prêts rapidement le moment venu. À Orléans, le télétravail n’était pas une pratique encore très répandue et il a fallu rapidement recenser nos ressources informatiques pour les redistribuer aux postes essentiels au maintien du service public. C’est ainsi que 600 agents ont pu pratiquer le télétravail sur les 3 600 que compte notre collectivité. Nos missions essentielles ont pu continuer dès le 17 mars, mais nous avons dû gérer dans le même temps l’organisation du premier tour des élections municipales dans un contexte très particulier. À l’annonce du confinement, notre cellule de veille s’est transformée en cellule de crise présente en continu. Nous avons mis en place un numéro d’appel spécifique pour les citoyens, accessible tous les jours de la semaine de 9 h à 18 h, avec un relai le week-end assuré par notre police municipale.

Comment le service des Relations humaines s’est-il organisé pour continuer à fonctionner ?

Le travail à distance pour la quasi-totalité du service RH a été mis en place de manière très efficace ! À peu près 90 % de l’effectif de notre service travaille « comme d’habitude ». Nous avons pu boucler les payes en temps et en heure, nous avons continué le suivi des avancements d’échelons, le payement des astreintes. Tout ce qui contribue au suivi de carrière des agents n’a pas été pénalisé grâce notamment à l’existence d’un coffre-fort électronique pour chacun d’entre eux. Les documents peuvent ainsi être signés et mis à leur disposition facilement. Depuis l’été dernier, nous avons accéléré la dématérialisation de nos outils RH et en pleine crise cela s’est avéré très utile ! En revanche, les agents en charge de la médecine préventive et de la prévention des risques professionnels connaissent une suractivité. Ils sont les seuls encore présents sur place, mais leurs contacts avec les agents ont lieu uniquement par téléconsultation.

Quel impact le confinement a-t-il eu sur vos méthodes de travail ?

Le confinement a été la confirmation que notre stratégie de digitalisation des ressources humaines déjà amorcée est la bonne, et nous encourage à continuer dans ce sens. Nous avons prouvé que nous avons pu être très réactifs en période difficile, ce qui est fondamental pour la collectivité. Par ailleurs, les collègues ont trouvé des systèmes d’organisation à distance plutôt efficace que nous conserverons sans doute une fois la crise terminée. Des actions quotidiennes de coordination à distance se sont par exemple installées entre les agents en charge de la gestion des payes, ce qui s’avère positif pour le service. Aujourd’hui, en vue de la reprise de l’activité, notre priorité est avant tout que les mesures de protection de nos agents soient mises en œuvre, nous sommes mobilisés à 100 % pour cela. Quant au service RH, nous continuons à télétravailler après le 11 mai, car cela fonctionne. Dans cette seconde étape, la priorité est à la reprise des services à la population.

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